A vous, à nos fragiles,
Fragiles sont nos histoires familiales, sensibles sont nos corps éprouvés, délicats sont nos sentiments. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » – la formule d’Antoine Lavoisier dans son Traité élémentaire de chimie (1789) nous accompagne ici comme une invitation à penser nos fragilités et nos métamorphoses.
La vie est une alchimie. Nos valeurs, nos croyances, nos savoirs, nos projets, nos amours se transforment au même instant où la magie de la fragilité surgit : l’instinct de survie, l’éclair de vie. Le signal est là ! Il n’y a pas de fumée sans feu. Mais saurons-nous interpréter le grand signal et les signes imperceptibles qui nous affaiblissent à petit feu ? Quand bien même nous le détecterions, saurons-nous agir en conséquence ? Ne serait-ce que changer une micro-habitude pour sauver sa peau ? Par exemple, déplacer le tube de dentifrice afin que le cerveau ou le corps ne fonctionne plus tout à fait par automatisme et qu’alors une nouvelle décision puisse émerger. Qu’avons-nous chacune et chacun décidé à l’échelle de nos vies quotidiennes pour vivre avec amour ce qui nous entoure ? Prenons soin de ce « ce » : petit et fragile, il contient néanmoins un infini, une intensité et parfois même, une raison de transformer nos vies.
L’exposition Poème tombé dans la rivière s’est prolongée cet été à la Brasserie Septante-Deux. Grâce à vos présences et à vos attentions, elle a rencontré un beau succès et je vous en remercie du fond du coeur. Elle reprend son itinéraire, du 1er au 26 septembre, dans mon restaurant manceau préféré : Station Cité. J’ai aussi le plaisir de vous proposer une première : un atelier d’écriture à mon domicile, à Mézières-sous-Lavardin.
Il sera animé Entre dedans et dehors par la poète Albane Gellé, le 10 octobre, de 10h à 17h. Les Pointiplumes ont le plaisir de vous transmettre des informations nécessaires à votre inscription. Sachez déjà que l’atelier alternera des temps d’observation, de récolte de mots et d’écriture entre le dehors et le dedans, la maison, le jardin et la forêt. J’ai hâte de vous accueillir pour cette journée avec Albane.
Pour prolonger votre lecture au-delà de cette lettre extime, je vous invite à découvrir mon poème « Dans l’escalier – Rose », extrait du recueil inédit Passerelles, puis le poème de Bérengère Cournut « La carte d’Élisée », issu de son roman en vers Élise sur les chemins, inspiré de la vie familiale du géographe Élisée Reclus. Ensuite, vous découvrirez une photographie de Vivian Maier, proposée par Sabine Chagnaud. À la fois drôle et grave, elle montre l’enfance fragile face à l’affirmation d’une féminité haute et pointue. Cette photographie dialogue avec son texte « L’enfance » et son poème « L’enfant rangeait », extrait d’un recueil inédit au titre énigmatique : À cause du linge aux fenêtres.
Avec tous mes remerciements pour vos soutiens sans cesse renouvelés, vos espoirs partagés, vos libertés exprimées, vos songes cachés, vos départs souhaités, vos compagnies rassurantes, vos merveilleuses métamorphoses, vos nouvelles adoptions, je vous souhaite de belles découvertes et quelques décisions minuscules qui changent la manière d’habiter notre monde fragile.
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